15.05.2008
Eau
copier coller de l'un de mes premiers articles
Quotidien du matin
Il est 5 heures, le veilleur de nuit vient de repasser pour vider l’urinoir, j’ai fais comme si je dormais, il est très bien cet homme, en plus il rince le réservoir.
Dommage pour la chasse d’eau, la sonorité de cette fuite d’eau dans les toilettes est infernale, cela dure depuis 3 semaines que je mendie une réparation. Je ne vais pas sonner !
Je ne veux pas que l’on ferme les volets, je veux habiter avec le ciel, les avions, les planeurs, la pluie, la neige, le brouillard, le vent…Nous sommes ensemble 24 heures sur 24.
De mon lit je contemple au-dehors, il est 7 heures, une aide-soignante (As) ou une nouvelle stagiaire infirmière viennent me réveiller, je les salue et leur reparle de la chasse d’eau, les deux oublient…
Sept heures 20, elles sont à deux pour la toilette, elles sont gentilles et charmantes, allongé je tente de maîtriser les manœuvres, l’une des deux demoiselles [ou dames] pose une bassine d’eau tiède sur la tablette et elles partent, je voudrais bien me brosser les dents, mais aujourd’hui comme souvent, pas de verre d’eau pour rincer la bouche.
Je me mouille le visage avec le gant de toilette et tout l’avant de mon corps jusqu’au bas ventre ; j’utilise tout de même le dentifrice, je rince avec de l’eau d’Evian, je tente de recracher l’eau dans le récipient, sans réussite.
Je reste dénudé et j’attends un certain temps, après une vingtaine de minutes, les filles arrivent, me lavent le dos, les fesses et les pieds avec l’eau, de la cuvette, qui était froide. Je te frotte, je te sèche, je « t’habille » et bonne journée, il est 7 heures 50, je suis toujours dans le lit étendu, les filles sont agréables, sympathiques, mais elles sont pressées d’autres malades, je ne suis pas le seul.
Dehors le jour s’est levé, il fera beau, le ciel est d’un bleu pur et naturel, vers 8 heures, le plateau du petit déjeuner remplace le bassin de la toilette, pour la nourriture c’est l’instant favoris, en accord avec la belle diététicienne je reçois deux petits pains, confiture, beurre, un thé à la menthe [ou citron] et deux jus de raisin.
Je sirote le nectar frais et sucré en prenant mes médicaments [entre 8 et 10 pilules], je veux me débrouiller seul, je refuse toute aide pour manger car je veux profiter de ces moments et prendre mon thé à ma vitesse, avec mes moyens.
Avec peine je pivote vers le côté gauche en m’agrippant à la barrière du lit [côté fenêtre], j’ouvre la petite plaquette de beurre avec la main droite, je bloque le petit pain avec la gauche, avec la première main je saisie le couteau et coupe le pain en deux ; puis je sépare le beurre en deux [avec les doigts], pour chaque moitié de petit pain, j’ouvre la barquette de confiture, je tente un nouveau partage avec l’habileté de l’expérience.
Et je prends mon petit déjeuner, allongé sur ma couche, telle une méridienne, avec vue vers l’horizon bleu, vert et cette boule jaune rouge, oui je suis orienté à l’est, le matin c’est beau, l’été [surtout durant une canicule] c’est une exposition fabuleuse.
Je suis accompagné par la télévision, de belles chansons pour une émission destinée aux jeunes, genre, suite du « Morning live » sur la six, j’ai la patience de garder la télé allumé si je ne suis pas obligé de me concentrer, j’aime aussi chanter toutes ces variétés des 40 dernières années.
A 9 heures lorsque l’émission est terminée je mets une chaîne suisse avec de la musique folklorique avec des images de montagnes. Je peux m’échapper…
Au programme de la matinée, le personnel de nettoyage viendra « aseptiser » cette belle pièce jaune du mur au plafond, des As tirerons les draps et remplacerons l’alèze [à ma demande, chaque jour une seconde alèze m’est remis, elle reste pliée, je l’utilise pour me couvrir, me cacher, me procurer du frais l’été, du chaud l’hiver, de coussin…Cela m’évite aussi d’utiliser la sonnette], dans le schéma classique, si mes kinésithérapeutes ne sont pas en vacances, j’ai « quartier libre » jusqu’au déjeuner, vers 11h45.
Avec des projets et de l’inspiration, dans un espace de moins de deux m², attitude horizontale, tu t’occupes.
Je voudrais avancer dans ce domaine, sans obligatoirement raconter immédiatement toute ma belle vie.
En interaction ces sujets deviendraient peut-être, un passage oblige, vers une évolution, les gens oseraient en parler, apporter leurs expériences...Moi, tout seul, je n'affiche que mes vérités, mes ressentis, et même, peut-être mes états d'âmes.
10:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : eau, lit, alèze, ciel
15.04.2008
Les vieux
Jacques Brel
Les Paroles
j'édite d'abord les paroles (point net merci), plus bas je vous présente une version chantée par Jacques Brel
Bonne lecture et écoutez !
Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends
Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend
Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent par la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit : je t'attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.
23:22 Publié dans Chanson | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vieillir, lit, fauteuil, attend
12.04.2008
Quotidien du matin
Quotidien du matin
Il est 5 heures, le veilleur de nuit vient de repasser pour vider l’urinoir, j’ai fais comme si je dormais, il est très bien cet homme, en plus il rince le réservoir.
Dommage pour la chasse d’eau, la sonorité de cette fuite d’eau dans les toilettes est infernale, cela dure depuis 3 semaines que je mendie une réparation. Je ne vais pas sonner !
Je ne veux pas que l’on ferme les volets, je veux habiter avec le ciel, les avions, les planeurs, la pluie, la neige, le brouillard, le vent…Nous sommes ensemble 24 heures sur 24.
De mon lit je contemple au-dehors, il est 7 heures, une aide-soignante (As) ou une nouvelle stagiaire infirmière viennent me réveiller, je les salue et leur reparle de la chasse d’eau, les deux oublient…
Sept heures 20, elles sont à deux pour la toilette, elles sont gentilles et charmantes, allongé je tente de maîtriser les manœuvres, l’une des deux demoiselles [ou dames] pose une bassine d’eau tiède sur la tablette et elles partent, je voudrais bien me brosser les dents, mais aujourd’hui comme souvent, pas de verre d’eau pour rincer la bouche.
Je me mouille le visage avec le gant de toilette et tout l’avant de mon corps jusqu’au bas ventre ; j’utilise tout de même le dentifrice, je rince avec de l’eau d’Evian, je tente de recracher l’eau dans le récipient, sans réussite.
Je reste dénudé et j’attends un certain temps, après une vingtaine de minutes, les filles arrivent, me lavent le dos, les fesses et les pieds avec l’eau, de la cuvette, qui était froide. Je te frotte, je te sèche, je « t’habille » et bonne journée, il est 7 heures 50, je suis toujours dans le lit étendu, les filles sont agréables, sympathiques, mais elles sont pressées d’autres malades, je ne suis pas le seul.
Dehors le jour s’est levé, il fera beau, le ciel est d’un bleu pur et naturel, vers 8 heures, le plateau du petit déjeuner remplace le bassin de la toilette, pour la nourriture c’est l’instant favoris, en accord avec la belle diététicienne je reçois deux petits pains, confiture, beurre, un thé à la menthe [ou citron] et deux jus de raisin.
Je sirote le nectar frais et sucré en prenant mes médicaments [entre 8 et 10 pilules], je veux me débrouiller seul, je refuse toute aide pour manger car je veux profiter de ces moments et prendre mon thé à ma vitesse, avec mes moyens.
Avec peine je pivote vers le côté gauche en m’agrippant à la barrière du lit [côté fenêtre], j’ouvre la petite plaquette de beurre avec la main droite, je bloque le petit pain avec la gauche, avec la première main je saisie le couteau et coupe le pain en deux ; puis je sépare le beurre en deux [avec les doigts], pour chaque moitié de petit pain, j’ouvre la barquette de confiture, je tente un nouveau partage avec l’habileté de l’expérience.
Et je prends mon petit déjeuner, allongé sur ma couche, telle une méridienne, avec vue vers l’horizon bleu, vert et cette boule jaune rouge, oui je suis orienté à l’est, le matin c’est beau, l’été [surtout durant une canicule] c’est une exposition fabuleuse.
Je suis accompagné par la télévision, de belles chansons pour une émission destinée aux jeunes, genre, suite du « Morning live » sur la six, j’ai la patience de garder la télé allumé si je ne suis pas obligé de me concentrer, j’aime aussi chanter toutes ces variétés des 40 dernières années.
A 9 heures lorsque l’émission est terminée je mets une chaîne suisse avec de la musique folklorique avec des images de montagnes. Je peux m’échapper…
Au programme de la matinée, le personnel de nettoyage viendra « aseptiser » cette belle pièce jaune du mur au plafond, des As tirerons les draps et remplacerons l’alèze [à ma demande, chaque jour une seconde alèze m’est remis, elle reste pliée, je l’utilise pour me couvrir, me cacher, me procurer du frais l’été, du chaud l’hiver, de coussin…Cela m’évite aussi d’utiliser la sonnette], dans le schéma classique, si mes kinésithérapeutes ne sont pas en vacances, j’ai « quartier libre » jusqu’au déjeuner, vers 11h45.
Avec des projets et de l’inspiration, dans un espace de moins de deux m², attitude horizontale, tu t’occupes.
19:27 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : eau, lit, alèze, ciel



