15.05.2008

Eau

 copier coller de l'un de mes premiers articles

Quotidien du matin

 

Il est 5 heures, le veilleur de nuit vient de repasser pour vider l’urinoir, j’ai fais comme si je dormais, il est très bien cet homme, en plus il rince le réservoir.

Dommage pour la chasse d’eau, la sonorité de cette fuite d’eau dans les toilettes est infernale, cela dure depuis 3 semaines que je mendie une réparation. Je ne vais pas sonner !

Je ne veux pas que l’on ferme les volets, je veux habiter avec le ciel, les avions, les planeurs, la pluie, la neige, le brouillard, le vent…Nous sommes ensemble 24 heures sur 24.

De mon lit je contemple au-dehors, il est 7 heures, une aide-soignante (As) ou une nouvelle stagiaire infirmière viennent me réveiller, je les salue et leur reparle de la chasse d’eau, les deux oublient…

Sept heures 20, elles sont à deux pour la toilette, elles sont gentilles et charmantes, allongé je tente de maîtriser les manœuvres, l’une des deux demoiselles [ou dames] pose une bassine d’eau tiède sur la tablette et elles partent, je voudrais bien me brosser les dents, mais aujourd’hui comme souvent, pas de verre d’eau pour rincer la bouche.

Je me mouille le visage avec le gant de toilette et tout l’avant de mon corps jusqu’au bas ventre ; j’utilise tout de même le dentifrice, je rince avec de l’eau d’Evian, je tente de recracher l’eau dans le récipient, sans réussite.

Je reste dénudé et j’attends un certain temps, après une vingtaine de minutes, les filles arrivent, me lavent le dos, les fesses et les pieds avec l’eau, de la cuvette, qui était froide. Je te frotte, je te sèche, je « t’habille » et bonne journée, il est 7 heures 50, je suis toujours dans le lit étendu, les filles sont agréables, sympathiques, mais elles sont pressées d’autres malades, je ne suis pas le seul.

Dehors le jour s’est levé, il fera beau, le ciel est d’un bleu pur et naturel, vers 8 heures, le plateau du petit déjeuner remplace le bassin de la toilette, pour la nourriture c’est l’instant favoris, en accord avec la belle diététicienne je reçois deux petits pains, confiture, beurre, un thé à la menthe [ou citron] et deux jus de raisin.

Je sirote le nectar frais et sucré en prenant mes médicaments [entre 8 et 10 pilules], je veux me débrouiller seul, je refuse toute aide pour manger car je veux profiter de ces moments et prendre mon thé à ma vitesse, avec mes moyens.

Avec peine je pivote vers le côté gauche en m’agrippant à la barrière du lit [côté fenêtre], j’ouvre la petite plaquette de beurre avec la main droite, je bloque le petit pain avec la gauche, avec la première main je saisie le couteau et coupe le pain en deux ; puis je sépare le beurre en deux [avec les doigts], pour chaque moitié de petit pain, j’ouvre la barquette de confiture, je tente un nouveau partage avec l’habileté de l’expérience.

Et je prends mon petit déjeuner, allongé sur ma couche, telle une méridienne, avec vue vers l’horizon bleu, vert et cette boule jaune rouge, oui je suis orienté à l’est, le matin c’est beau, l’été [surtout durant une canicule] c’est une exposition fabuleuse.

Je suis accompagné par la télévision, de belles chansons pour une émission destinée aux jeunes, genre, suite du « Morning live » sur la six, j’ai la patience de garder la télé allumé si je ne suis pas obligé de me concentrer, j’aime aussi chanter toutes ces variétés des 40 dernières années.

A 9 heures lorsque l’émission est terminée je mets une chaîne suisse avec de la musique folklorique avec des images de montagnes. Je peux m’échapper…

Au programme de la matinée, le personnel de nettoyage viendra « aseptiser » cette belle pièce jaune du mur au plafond, des As tirerons les draps et remplacerons l’alèze [à ma demande, chaque jour une seconde alèze m’est remis, elle reste pliée, je l’utilise pour me couvrir, me cacher, me procurer du frais l’été, du chaud l’hiver, de coussin…Cela m’évite aussi d’utiliser la sonnette], dans le schéma classique, si mes kinésithérapeutes ne sont pas en vacances, j’ai « quartier libre » jusqu’au déjeuner, vers 11h45.

Avec des projets et de l’inspiration, dans un espace de moins de deux m², attitude horizontale,  tu t’occupes.

Je voudrais avancer dans ce domaine, sans obligatoirement raconter immédiatement toute ma belle vie.

En interaction ces sujets deviendraient peut-être, un passage oblige, vers une évolution, les gens oseraient en parler, apporter leurs expériences...Moi, tout seul, je n'affiche que mes vérités, mes ressentis, et même, peut-être mes états d'âmes.

06.05.2008

Empoisonnement du sang

Septicémie

Un soir, nous sommes allés au cinéma, durant la nuit j'avais une forte fièvre, le lendemain j'étais très faible, je n'avais plus de volonté....

Je suis allé travailler, trop faible je suis retourné à la maison pour me reposer, dormir….Quelques décennies sont passées

A 21 ans j'étais très près de la mort, car une plaie torpide de la plante du pied droit s'était infectée et sous la forme d'une pathologie extrêmement complexe liée à des troubles neurologiques, j'avais une septicémie. [Empoisonnement sang]

Je marchais pieds nus, j'écoutais pousser mes cheveux!

Ma future femme, comme beaucoup, des fleurs partout.

Sous anesthésie générale, le "nettoyage" de la rétention infectée, me permis après plus de 100 piqûres, plusieurs dl de sang, ponction cervicale [lombaire impossible] et 3 semaines d'hôpital de me retrouver à la maison, sur un nuage...

Vers 16 heures, alors qu’un brancard m’amenait vers la salle d’opération, un chirurgien décida de reporter l’opération, un jour de plus à la diète, le lendemain même schéma [à devenir dingue], mais comme il s’agissait d’un simili curetage du pied, nous pouvions attendre !

C’était aussi un peu l’hôpital de hier, ou d’avant-hier….

Les Beatles allaient se séparer et j’étais papa.  

03.05.2008

4 saisons

Dans son dernier album, Grands Corps Malade écrit à la fin de son slam, 4 saisons :

 

"Les années passent, la vie aussi, on commençait juste à s'y habituer

On est les témoins impuissants du temps qui trace, du temps qui veut

Que les enfants deviennent des grands...et que les grands deviennent des vieux."

 

Je ne vais pas trop bien, mais j'ai de l'espoir !

23.04.2008

Moelle épinière

 

Cellules souches nerveuses : une découverte prometteuse

Des chercheurs français ont découvert que des cellules souches nerveuses sont présentes dans la moelle épinière humaine chez l’adulte indique un communiqué de l’Institut national de la recherche et de la santé (Inserm).

Ces cellules pourraient un jour, viaune utilisation en thérapie génique, réparer la moelle épinière ou être utilisées pour combattre des maladies neurodégénératives.

La présence de telles cellules dans le cerveau et la moelle épinière des rongeurs adultes était connue, mais c’est une première chez l’homme.

40 000 personnes, rien qu’en France, sont atteintes de lésions de la moelle épinière après un accident et 1 500 sont atteintes de para- ou tétraplégies chaque année, surtout des jeunes âgés de 25 à 30 ans.

[10.04.08] Magazine Viva

Une de mes espérances médicales ! 

20.04.2008

Odette

 

Odette, c'était le prénom de ma maman ! Elle est morte depuis longtemps, ma mère est partie jeune et belle

 

Le prénom Odette vient du prénom germanique Oda.

Souhaitez sa fête à Ste Odette  Ce prénom est composé de l'élément od- qui peut être interprété au sens de "prospérité".

Le 20 avril, on honore sainte Odette, membre d'une illustre famille qui voulut la marier malgré elle. Elle se coupa le nez et entra chez les religieuses de Prémontrée, afin d'éviter tous les prétendants attirés par sa beauté.

19.04.2008

Humanitude

Humanitude

J'ai acheté à la Fnac, le livre portant ce titre : "Humanitude", en fait comprendre la vieillesse, prendre soin des Hommes vieux.

Pour le moment j'ai démarré la lecture, je vais tenter de capter tous les conseils, toute cette philosophie du livre d'Yves Gineste et de Jérôme Pellissier.

Il me semble que le contenu est primordiale pour notre vie, nous imprégner et acquérir un savoir faire, un savoir aimer, un savoir aider, un savoir pour gérer l'étape de la vie de l'homme vieux.

18.04.2008

Livestrong

Livestrong

 

Livestrong

Livestrong

Vieux Cop Malade

Ce bracelet est très important.

Les fonds vont pour la lutte contre le cancer que gère la fondation de Lance Armstrong. 40 millions de personnes le portent.

Je le porte depuis près de 4 ans.

17.04.2008

Centenaire

 

Centenaire

Ma grand-mère maternelle est morte à l'âge de 100 ans, son père en avait 97, les deux étaient en bonne santé et sont décédés à la maison chez l'un de leurs enfants.

Nos générations atteindront des niveaux d'âges souvent plus élevés, [le malade étant soigné plus facilement] trouvons les meilleures solutions car tous n'auront pas les chances de mes ancêtres.

16.04.2008

Canicule 2003

    ccopier coller  

Canicule 2003

Comme le narrateur, j’y étais….

Canicule ce samedi 9 août 2003, une fin de semaine pendant que certains se promenaient sur le plateau du Larzac, j'ai fais un gros malaise et me voilà près pour prendre une ambulance; pendant ce temps à Berck, le jeune Vincent Humbert, dans un état pire que le mien, quémandait pour pouvoir "partir loin"!

En 2008 Chantal Sébire ! Un jour il faudra bien oser, se décider.

Pour des raisons inexpliquées, la camionnette est venue me chercher après plus de deux heures d'attente et pendant que le brancard se dirigeait vers la voiture, j'ai ressenti les effets bienfaisants du soleil, et sous la tôle, un vrai bain de trop de chaleur.

Arrivée aux Urgences vers 14h30, j'ai à nouveau bénéficié de la douceur des rayons du soleil et immédiatement je prenais la suite d'une file de brancards, il me semble, dans un couloir...Je patientais enveloppé dans un "corset bermuda" en matière plastique dur et imperméable, sous protection d'une "armure" sans savoir se mouvoir.

J'entendais de loin que personne ne voulait vraiment s'occuper de moi, j'étais "l'opéré" d'une autre clinique, pour la seconde fois un jet d'une portée de plus de 3 mètres s'évacua de ma bouche, mais comme durant le voyage, une partie termina sa course sur mon corset.

Je restais en l'état avec des restes verdâtres partout, en fait je m'aspergeais pour atténuer les effets ambiants de la canicule, quelle fraîcheur de se retrouver dans un box pourvu d'une climatisation, baignant dans son propre liquide.

Cette chance d'être contre une paroi et de comprendre que le personnel ne pouvait pas s'occuper de moi, car des nouveaux arrivants étaient près de la mort, il fallait les opérer, les soigner d'urgence....

Une personne très gentille aida mon épouse pour tenter de me faire une toilette, et me mettre sous perfusion et surtout me rassurer.

Les vomissements reprirent, la perfusion arrosait le brancard et nous attendions des heures durant dans un état indescriptible, mais comme j'étais à l'horizontale baignant dans un jus d'origine multiples toujours dans cet incroyable corset bermuda, on s'habitue à tout.

Vers 23 heures des brancardiers me cherchèrent pour aller dans un autre bâtiment pour passer un scanner, malgré l'heure tardive la température était encore de 40° et là une nouvelle chance, je me retrouvais seul dans une chambre avec la climatisation, vers 3 heures du matin ils comprirent que je n'étais pas sous perfusion, le matelas de mon lit médicalisé était trempé, une infirmière répara cet incident datant de plus de 12 heures...

Les jours qui suivirent j'avais tout le temps de la visite, même le personnel venait souvent pour parler et prendre le frais de ma chambre, 4 jours de "Climatisation"...

Puis comme tous je perdais ce privilège qui m'avait vraiment aidé; le reste de ce mois d'août 2003, j'ai eu la chance de profiter d'une pièce orientée "Est", de ce fait à l'ombre, allongé 24h24 à siroter de la bonne eau. [Un détail, je ne pouvais pas bouger].

Les Urgences au pic de la Canicule en 2003, j'y étais, je peux vous raconter…

15.04.2008

Les vieux

 

Jacques Brel

Les Paroles

j'édite d'abord les paroles (point net merci), plus bas je vous présente une version chantée par Jacques Brel

Bonne lecture et écoutez !


Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan
Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps
Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier
Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières
Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit : je vous attends

Les vieux ne rêvent plus, leurs livres s'ensommeillent, leurs pianos sont fermés
Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter
Les vieux ne bougent plus leurs gestes ont trop de rides leur monde est trop petit
Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit
Et s'ils sortent encore bras dessus bras dessous tout habillés de raide
C'est pour suivre au soleil l'enterrement d'un plus vieux, l'enterrement d'une plus laide
Et le temps d'un sanglot, oublier toute une heure la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, et puis qui les attend

Les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour et dorment trop longtemps
Ils se tiennent par la main, ils ont peur de se perdre et se perdent pourtant
Et l'autre reste là, le meilleur ou le pire, le doux ou le sévère
Cela n'importe pas, celui des deux qui reste se retrouve en enfer
Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin
Et fuir devant vous une dernière fois la pendule d'argent
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui leur dit : je t'attends
Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non et puis qui nous attend.

 

Au quotidien, pour certains, c'est vrai ou faux ?
De toutes les façons, pour moi, une très belle chanson !

 

14.04.2008

Fin de vie

 Euthanasie en France

Dans l'actualité de ces dernières semaines, Chantal Sébire est partie, tout comme Vincent Humbert après la canicule de 2003.

Éthique et euthanasie, la clarté de certaines réflexions nous mènent vers des possibilités, mais comment opter sur la meilleure appréciation de cette limite qui impose la mort.

La plupart des gens fuient l'exposition des réalités tendant vers une décision pour une fin de vie accompagnée, contrôlée.

Avoir mal, souffrir d'une douleur indescriptible, atroce, insupportable, un avenir au jour le jour, être une charge constante...Un moment donné il faudrait pouvoir dire : stop !

Lorsque tu souffres, petite ou grande souffrance, tu as mal....

Et lorsque tu es impotent, sénile et que tu as mal à en crier....Un moment donné si les médicament ne font plus aucun effet (ou si peu), il faut préserver la petite dignité restante.

Tournons nous vers certains pays voisins, ils peuvent nous aider.

 

 

Ni pauvre, ni soumis

Ni pauvre, ni soumis.

1511973878.jpg

 

Vous pouvez aller vous promener sur le site de l'association "Ni pauvre, ni soumis" [www.pauvrenisoumis.org], signer le pacte, comprendre les besoins...Quelquefois un simple acte de la vie (regarder par une fenêtre) est un challenge pour un handicapé, maintenant s'il est sans travail, sans argent (proposer une aah viable), vieux et dans l'oubli....Cet être humain fait quoi ? Il veut tout simplement avoir le droit de lutter avec un minimum, après il se débrouillera.

1511973878.jpgDans les semaines qui suivent, tenter de se souvenir que la personne handicapée et/ou vieille, désire un peu de reconnaissance et souhaite pouvoir vivre dans la décence ; un peu de solidarité afin que les politiques comprennent qu'ils doivent bouger.

Près de 31 000 personnes sont signataires de ce pacte, une + une + une...Patience...Nous y parviendrons ! 

13.04.2008

Debout

 

 Debout de temps en temps

 

 

 

 

 Regarder par la fenêtre, admirer le paysage, trouver des bonnes volontés qui prendront le temps de t'enfiler des bas de contention, qui t'aideront à te riper vers cette planche lorsqu'elle sera encore à l'horizontal.

Très lentement, tu passeras de "couché" à "debout", tu verras des images inconnues, rares, belles, tu mémoriseras, et tel un film tu te les repasseras.

Attention, l'horizontal et le douillet de ta couche sont un confort et une habitude, quel bonheur de pouvoir se réfugier dans son monde, à l'abri dans son lit médicalisé.

Sur la planche à verticaliser tu prends des risques, tu deviens craintif, tu regrettes presque d'avoir quémandé cette expérience, et pourtant tu es debout, à la vertical [ou presque !], tout le monde te félicite, tu es grand, tu es beau, tu es la vedette de l'étage et tu regardes par la fenêtre

Cette prairie, là bas à l'horizon, je me vois, je cours, je saute, je suis heureux, je suis vivant, mes rêves les plus fous, je me sens mal, je veux me retrouver à l'horizontal.

Près de 30 minutes pour me préparer, près de 15 minutes pour retrouver mon espace vital....Pour quelques minutes, debout comme un homme.

Merci Elisabeth, merci Stéphane, je vous aime, merci planche à verticalisation.

 

Une vie en 24 heures

 

Grand Corps Malade nous déclame une vie entière en 24 heures

il est :

Midi 20

 


Paroles point net

à 11 heures 02 un "accident de la vie"

 

Je suis né tôt ce matin, juste avant que le soleil comprenne
Qu'il va falloir qu'il se lève et qu'il prenne son petit crème
Je suis né tôt ce matin, entouré de plein de gens bien
Qui me regardent un peu chelou et qui m'appellent Fabien
Quand le soleil apparaît j'essaie de réaliser ce qu'il se passe
Je tente de comprendre le temps et j'analyse mon espace
Il est 7 heures du mat' sur l'horloge de mon existence
Je regarde la petite aiguille et j'imagine son importance
Pas de temps à perdre ce matin, je commence par l'alphabet
Y'a plein de choses à apprendre si tu veux pas finir tebê
C'est sûr, je serais pas un génie mais ça va y'a pire
Sur les coups de 7 heures et demie j'ai appris à lire et à écrire
La journée commence bien, il fait beau et je suis content
Je reçois plein d'affection et je comprends que c'est important
Il est bientôt 9 heures et demie et j'aborde l'adolescence
En pleine forme, plein d'envie et juste ce qu'il faut d'insouciance
Je commence à me la raconter, j'ai plein de potes et je me sens fort
Je garde un peu de temps pour les meufs quand je suis pas en train de faire du sport
Emploi du temps bien rempli, et je suis à la bourre pour mes rencards
Putain la vie passe trop vite, il est déjà 11 heures moins le quart
Celui qui veut me viser, je lui conseille de changer de cible
Me toucher est impossible, à 11 heures je me sens invincible
Il fait chaud, tout me sourit, il manquait plus que je sois amoureux
C'est arrivé sans prévenir sur les coups d'11 heures moins 2
Mais tout à coup, alors que dans le ciel, y'avait pas un seul nuage
A éclaté au-dessus de moi un intolérable orage
Il est 11 heures 08 quand ma journée prend un virage
Pour le moins inattendu alors je tourne mais j'ai la rage
Je me suis pris un éclair comme un coup d'électricité
Je me suis relevé mais j'ai laissé un peu de mobilité
Mes tablettes de chocolat sont devenues de la marmelade
Je me suis fait à tout ça, appelez moi Grand Corps Malade
Cette fin de matinée est tout sauf une récréation
A 11 heures 20 je dois faire preuve d'une bonne dose d'adaptation
Je passe beaucoup moins de temps à me balader rue de la Rép'
Et j'apprends à remplir les papiers de la Cotorep
J'ai pas que des séquelles physiques, je vais pas faire le tho-my
Mais y'a des cicatrices plus profondes qu'une trachéotomie
J'ai eu de la chance je suis pas passé très loin de l'échec et mat
Mais j'avoue que j'ai encore souvent la nostalgie de 10 heures du mat'
A midi moins le quart, j'ai pris mon stylo bleu foncé
J'ai compris que lui et ma béquille pouvaient me faire avancer
J'ai posé des mots sur tout ce que j'avais dans le bide
J'ai posé des mots et j'ai fait plus que combler le vide
J'ai été bien accueilli dans le cercle des poètes du bitume
Et dans l'obscurité, j'avance au clair de ma plume
J'ai assommé ma pudeur, j'ai assumé mes ardeurs
Et j'ai slamé mes joies, mes peines, mes envies et mes erreurs
Il est midi 19 à l'heure où j'écris ce con d'texte
Je vous ai décrit ma matinée pour que vous sachiez le contexte
Car si la journée finit à minuit, il me reste quand même pas mal de temps
J'ai encore tout l'après-midi pour faire des trucs importants
C'est vrai que la vie est rarement un roman en 18 tomes
Toutes les bonnes choses ont une fin, on ne repousse pas l'ultimatum
Alors je vais profiter de tous les moments qui me séparent de la chute
Je vais croquer dans chaque instant, je ne dois pas perdre une minute
Il me reste tellement de choses à faire que j'en ai presque le vertige
Je voudrais être encore un enfant mais j'ai déjà 28 pijes
Alors je vais faire ce qu'il faut pour que mes espoirs ne restent pas vains
D'ailleurs je vous laisse, là c'est chaud, il est déjà midi 20.

 

Pour moi c'est "début de soirée", mais je crois à l'humanitude !

12.04.2008

Quotidien du matin

 

Quotidien du matin

 

Il est 5 heures, le veilleur de nuit vient de repasser pour vider l’urinoir, j’ai fais comme si je dormais, il est très bien cet homme, en plus il rince le réservoir.

Dommage pour la chasse d’eau, la sonorité de cette fuite d’eau dans les toilettes est infernale, cela dure depuis 3 semaines que je mendie une réparation. Je ne vais pas sonner !

Je ne veux pas que l’on ferme les volets, je veux habiter avec le ciel, les avions, les planeurs, la pluie, la neige, le brouillard, le vent…Nous sommes ensemble 24 heures sur 24.

De mon lit je contemple au-dehors, il est 7 heures, une aide-soignante (As) ou une nouvelle stagiaire infirmière viennent me réveiller, je les salue et leur reparle de la chasse d’eau, les deux oublient…

Sept heures 20, elles sont à deux pour la toilette, elles sont gentilles et charmantes, allongé je tente de maîtriser les manœuvres, l’une des deux demoiselles [ou dames] pose une bassine d’eau tiède sur la tablette et elles partent, je voudrais bien me brosser les dents, mais aujourd’hui comme souvent, pas de verre d’eau pour rincer la bouche.

Je me mouille le visage avec le gant de toilette et tout l’avant de mon corps jusqu’au bas ventre ; j’utilise tout de même le dentifrice, je rince avec de l’eau d’Evian, je tente de recracher l’eau dans le récipient, sans réussite.

Je reste dénudé et j’attends un certain temps, après une vingtaine de minutes, les filles arrivent, me lavent le dos, les fesses et les pieds avec l’eau, de la cuvette, qui était froide. Je te frotte, je te sèche, je « t’habille » et bonne journée, il est 7 heures 50, je suis toujours dans le lit étendu, les filles sont agréables, sympathiques, mais elles sont pressées d’autres malades, je ne suis pas le seul.

Dehors le jour s’est levé, il fera beau, le ciel est d’un bleu pur et naturel, vers 8 heures, le plateau du petit déjeuner remplace le bassin de la toilette, pour la nourriture c’est l’instant favoris, en accord avec la belle diététicienne je reçois deux petits pains, confiture, beurre, un thé à la menthe [ou citron] et deux jus de raisin.

Je sirote le nectar frais et sucré en prenant mes médicaments [entre 8 et 10 pilules], je veux me débrouiller seul, je refuse toute aide pour manger car je veux profiter de ces moments et prendre mon thé à ma vitesse, avec mes moyens.

Avec peine je pivote vers le côté gauche en m’agrippant à la barrière du lit [côté fenêtre], j’ouvre la petite plaquette de beurre avec la main droite, je bloque le petit pain avec la gauche, avec la première main je saisie le couteau et coupe le pain en deux ; puis je sépare le beurre en deux [avec les doigts], pour chaque moitié de petit pain, j’ouvre la barquette de confiture, je tente un nouveau partage avec l’habileté de l’expérience.

Et je prends mon petit déjeuner, allongé sur ma couche, telle une méridienne, avec vue vers l’horizon bleu, vert et cette boule jaune rouge, oui je suis orienté à l’est, le matin c’est beau, l’été [surtout durant une canicule] c’est une exposition fabuleuse.

Je suis accompagné par la télévision, de belles chansons pour une émission destinée aux jeunes, genre, suite du « Morning live » sur la six, j’ai la patience de garder la télé allumé si je ne suis pas obligé de me concentrer, j’aime aussi chanter toutes ces variétés des 40 dernières années.

A 9 heures lorsque l’émission est terminée je mets une chaîne suisse avec de la musique folklorique avec des images de montagnes. Je peux m’échapper…

Au programme de la matinée, le personnel de nettoyage viendra « aseptiser » cette belle pièce jaune du mur au plafond, des As tirerons les draps et remplacerons l’alèze [à ma demande, chaque jour une seconde alèze m’est remis, elle reste pliée, je l’utilise pour me couvrir, me cacher, me procurer du frais l’été, du chaud l’hiver, de coussin…Cela m’évite aussi d’utiliser la sonnette], dans le schéma classique, si mes kinésithérapeutes ne sont pas en vacances, j’ai « quartier libre » jusqu’au déjeuner, vers 11h45.

Avec des projets et de l’inspiration, dans un espace de moins de deux m², attitude horizontale,  tu t’occupes.

Handicapé

Comment, Pourquoi, ce n'est pas important.

Ecoutons une nouvelle fois Grand Corps Malade, dans le 6ème sens.

si la vidéo youtube stoppe une fois, attendez 5 secondes et le slam reprendra.


 

Via Paroles point net

Voilà les Paroles de cette chanson.

La nuit est belle, l'air est chaud et les étoiles nous matent
Pendant qu'on kiffe et qu'on apprécie nos plus belles vacances
La vie est calme, il fait beau, il est 2 heures du mat'
On est quelques sourires à partager notre insouciance
C'est ce moment là, hors du temps, que la réalité a choisi
Pour montrer qu'elle décide et que si elle veut elle nous malmène
Elle a injecté dans nos joies comme une anesthésie
Souviens-toi de ces sourires, ce sera plus jamais les mêmes
Le temps s'est accéléré d'un coup et c'est tout mon futur qui bascule
Les envies, les projets, les souvenirs, dans ma tête y'a trop de pensées qui se bousculent
Le choc n'a duré qu'une seconde mais ses ondes ne laissent personne indifférent
« Votre fils ne marchera plus », voilà ce qu'ils ont dit à mes parents
Alors j'ai découvert de l'intérieur un monde parallèle
Un monde où les gens te regardent avec gêne ou avec compassion
Un monde où être autonome devient un objectif irréel
Un monde qui existait sans que j'y fasse vraiment attention
Ce monde-là vit à son propre rythme et n'a pas les mêmes préoccupations
Les soucis ont une autre échelle et un moment banal peut être une très bonne occupation
Ce monde là respire le même air mais pas tout le temps avec la même facilité
Il porte un nom qui fait peur ou qui dérange : les handicapés
On met du temps à accepter ce mot, c'est lui qui finit par s'imposer
La langue française a choisi ce terme, moi j'ai rien d'autre à proposer
Rappelle-toi juste que c'est pas une insulte, on avance tous sur le même chemin
Et tout le monde crie bien fort qu'un handicapé est d'abord un être humain
Alors pourquoi tant d'embarras face à un mec en fauteuil roulant
Ou face à une aveugle, vas-y tu peux leur parler normalement
C'est pas contagieux pourtant avant de refaire mes premiers pas
Certains savent comme moi qu'y a des regards qu'on oublie pas
C'est peut-être un monde fait de décence, de silence, de résistance
Un équilibre fragile, un oiseau dans l'orage
Une frontière étroite entre souffrance et espérance
Ouvre un peu les yeux, c'est surtout un monde de courage
Quand la faiblesse physique devient une force mentale
Quand c'est le plus vulnérable qui sait où, quand, pourquoi et comment
Quand l'envie de sourire redevient un instinct vital
Quand on comprend que l'énergie ne se lit pas seulement dans le mouvement
Parfois la vie nous teste et met à l'épreuve notre capacité d'adaptation
Les 5 sens des handicapés sont touchés mais c'est un 6ème qui les délivre
Bien au-delà de la volonté, plus fort que tout, sans restriction
Ce 6ème sens qui apparaît, c'est simplement l'envie de vivre.

 

 

11.04.2008

Slam

 Définition selon Wikipédia

Le slam est un art d'expression populaire oral, déclamatoire, qui se pratique dans des lieux publics comme les bars ou lieux associatifs, sous forme de rencontres et de joutes oratoires.

Les règles des scènes ouvertes de poésie sont généralement les suivantes, avec ou sans adaptation selon les organisateurs :

  • inscriptions ouvertes à toutes et tous ;
  • performance a cappella;
  • absence de décorations sonores, lumineuses ou vestimentaires ;
  • liberté de l'expression ;
  • temps de parole de 3 minutes maximum.
  • un vers dit, un verre offert (non accumulable)

L'entrée est le plus souvent libre ou à prix minime. La plupart des scènes sont des scènes ouvertes. Il n'y a pas de limites d'âge ou de style. On vient y dire, lire, scander, chanter, jouer des textes de son cru sur des thèmes libres ou imposés. Le jugement est très rare pendant les scènes slam. Les débutants sont encouragés plutôt que critiqués. Chacun, artiste ou non, participe généralement pour le plaisir de partager son texte.

Les règles des joutes de poésie y ajoutent :

  • un jury, choisi au hasard dans la salle, note les poètes ou équipes de poètes (poèmes collectifs) ;
  • on doit être l'auteur du texte que l'on présente au public ;
  • l'objet de la joute n'est pas de gagner ou ce que l'on gagne — c'est la poésie elle-même (et le spectacle).

Les scènes slam pratiquant ces règles du jeu incluent : le Grand Slam National, le Slam United et divers slams en France (Nantes - scène du bar "15 Bis", Reims, Rennes, Tours...). Cette approche, inventée par Marc Smith, est majoritairement pratiquée au niveau international: IWPS (individual world poetry slam), German International Poetry Slam, Harlem Poetry Slam (Hollande)...

Un petit nombre de scènes font voter toute la salle avec des cartons colorés comme dans les matchs d'improvisation ou un applaudimètre.

10.04.2008

Grand Corps Malade

Les voyages en train


 Youtube et paroles.net, thanks !

Paroles

J'crois qu'les histoires d'amour c'est comme les voyages en train,
Et quand j'vois tous ces voyageurs parfois j'aimerais en être un,
Pourquoi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare ?
Pourquoi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en retard ?

Les trains démarrent souvent au moment où l'on s'y attend le moins,
Et l'histoire d'amour t'emporte sous l'oeil impuissant des témoins,
Les témoins c'est tes potes qui te disent au revoir sur le quai,
Ils regardent le train s'éloigner avec un sourire inquiet,
Toi aussi tu leur fais signe et t'imagines leurs commentaires,
Certains pensent que tu t'plantes et qu't'as pas les pieds sur terre,
Chacun y va d'son pronostic sur la durée du voyage,
Pour la plupart le train va dérailler dès l'premier orage.

Le grand amour change forcément ton comportement,
Dès l'premier jour faut bien choisir ton compartiment,
Siège couloir ou contre la vitre il faut trouver la bonne place,
Tu choisis quoi une love story de première ou d'seconde classe ?

Dans les premiers kilomètres tu n'as d'yeux que pour son visage,
Tu calcules pas derrière la fenêtre le défilé des paysages,
Tu te sens vivant tu te sens léger tu ne vois pas passer l'heure,
T'es tellement bien que t'as presque envie d'embrasser le contrôleur.

Mais la magie ne dure qu'un temps et ton histoire bat de l'aile,
Toi tu te dis que tu n'y es pour rien et que c'est sa faute à elle,
Le ronronnement du train te saoule et chaque virage t'écoeure,
Faut que tu te lèves que tu marches tu vas te dégourdir le coeur.

Et le train ralentit, c'est déjà la fin de ton histoire,
En plus t'es comme un con tes potes sont restés à l'autre gare,
Tu dis au revoir à celle que t'appelleras désormais ton ex,
Dans son agenda sur ton nom elle va passer un coup de tipex.

C'est vrai que les histoires d'amour c'est comme les voyages en train,
Et quand je vois tous ces voyageurs parfois j'aimerais en être un,
Pourquoi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare ?
Pourquoi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en retard ?

Pour beaucoup la vie se résume à essayer de monter dans le train,
A connaître ce qu'est l'amour et se découvrir plein d'entrain,
Pour beaucoup l'objectif est d'arriver à la bonne heure,
Pour réussir son voyage et avoir accès au bonheur.

Il est facile de prendre un train encore faut-il prendre le bon,
Moi je suis monté dans deux trois rames mais c'était pas le bon wagon,
Car les trains sont capricieux et certains sont inaccessibles,
Et je ne crois pas tout le temps qu'avec la SNCF c'est possible.

Il y a ceux pour qui les trains sont toujours en grève,
Et leurs histoires d'amour n'existent que dans leurs rêves,
Et y a ceux qui foncent dans le premier train sans faire attention,
Mais forcément ils descendront déçus à la prochaine station,
Y a celles qui flippent de s'engager parce qu'elles sont trop émotives,
Pour elles c'est trop risqué de s'accrocher à la locomotive,
Et y a les aventuriers qu'enchaînent voyage sur voyage,
Dès qu'une histoire est terminée ils attaquent une autre page.

Moi après mon seul vrai voyage j'ai souffert pendant des mois,
On s'est quitté d'un commun accord mais elle était plus d'accord que moi,
Depuis je traîne sur le quai je regarde les trains au départ,
Y a des portes qui s'ouvrent mais dans une gare je me sens à part.

Il paraît que les voyages en train finissent mal en général,
Si pour toi c'est le cas accroche-toi et garde le moral,
Car une chose est certaine y aura toujours un terminus,
Maintenant tu es prévenu la prochaine fois tu prendras le bus.

09.04.2008

Humanitude

 Humanitude

La vieillesse, comme la vie, est une épreuve : elle nous éprouve autant qu’elle nous révèle, elle nous frappe autant qu’elle nous permet de nous accomplir.
Elle témoigne, peut-être davantage que d’autres périodes de notre existence, de cette particularité de l’homme que nous avons évoquée : au-delà de la lutte pour sa survie, il trouve dans le fait même de lutter et de se battre, un enjeu qui l’anime. Vivre nourrit la vie.

Un passage du livre co-écrit par Yves Gineste et Jérôme Pellissier

La vieillesse, mais aussi le handicap, et un jour la vieillesse et le handicap.

08.04.2008

Vieux Cop Malade

De nombreuses irradiations, des irm, des scanners, des opérations....

Sans son "rs" le corps devient cop

Pour démarrer !